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Archives pour la catégorie ‘Les lecteurs parlent aux lecteurs’

Hilsenrath chez les prolos du ghetto

21/04/2012

NuitIl est dur, ce livre de Hilsenrath. Minutieux dans le sordide, il laisse hors-cadre, comme un conte, une partie des détails sur les lieux, les personnages, les circonstances. Il décrit la vie quotidienne, la déchéance, l’agonie des plus démunis dans un ghetto juif de l’est roumain en 1942. Dans cette micro-société, tous les rôles se croisent, des plus crapuleux aux plus saints. Et nombre de situations atroces dont le personnage principal, Ranek, se tirera, il lui adviendra de les revivre …du mauvais côté du manche. Capable d’amour autant que d’horreur, il est la thèse même d’Hilsenrath : quoi que l’histoire leur ait fait, les Juifs sont des êtres humains comme les autres, capables de donner dans le même geste à la fois l’amour et la mort.

Ecrit entre 1945 et 1967 mais pratiquement publié 20 ans plus tard, il s’agit du premier roman de cet auteur juif allemand atypique, lui-même rescapé des ghettos et des exodes. Il compose une espèce de trilogie avec Fuck America et Le Nazi et le Barbier. Mais on n’y retrouve presque plus de cette ironie ébouriffante qui mettait plein de distance dans les deux autres romans, ce qui laisse un récit au ton bien différent, aussi glaçant que son titre.

Proposé par Thomas Lemaigre

Nuit
Edgar Hilsenrath
Traduit de l’allemand par Jörg Stickan et Sacha Zilberfarb
Éditions Attila

Des égos blessés aux tragédies collectives, allers et retours

31/12/2011

David Van Reybrouck décrit son livre Le Fléau comme une termitière. Il se trompe. C’est tout sauf un endroit obscur et inquiétant. Par contre, c’est bien un livre labyrinthique grouillant de savoirs, liés par les fils souvent surprenants de l’histoire, de la curiosité et de l’imagination. On en apprend de belles sur la vie des termites, le mouvement symboliste, le peuplement de l’Afrique australe, les balbutiements de l’entomologie, la morphinomanie, la naissance de la langue afrikaans, le soutien belge aux Boers en guerre, etc., etc. A travers tous ces détours, la trame passe habilement d’une enquête sur le plagiat d’Eugène Marais, poète et savant sud-africain, par Maurice Maeterlinck – une anecdote pratiquement insignifiante –, à la découverte de la société sud-africaine actuelle, des fractures tragiques qui la paralysent et de leurs origines culturelles, économiques et politiques. Le tout est souvent déroulé à travers les histoires d’hommes et de femmes, connus et inconnus. La force de ces portraits tient à leur inscription dans l’histoire en marche, les dimensions individuelles et collectives s’éclairant l’une l’autre – sauf peut-être dans le cas de Maeterlinck qui, assez fouillé, promettait pourtant plus de digressions sur le dense contexte belge du premier quart du siècle dernier. Sans doute cette tache aveugle se réduira-t-elle avec la publication imminente d’un autre ouvrage de l’auteur, sa somme sur l’histoire du Congo.

On sort de cette lecture étourdi par un voyage tourbillonnant dans l’espace et dans le temps, et par la découverte du très précieux talent de raconteur d’histoires qui s’y révèle.

Le fléau
David Van Reybrouck
traduit du néerlandais (Belgique) par  Pierre-Marie Finkelstein
Actes Sud
Proposé par Thomas Lemaigre

.:: David Van Reybrouck .::. Le Fléau

15/11/2011

Via Scoop.itCritique littéraire

David Van Reybrouck Auteur du livre Le Fléau. Sa Bibliographie Mission, suivi de: L’Ame des termites,Le Fléau, .
Via www.lecture-ecriture.com

Littérature amérindienne

15/11/2011

Une nouvelle séquence à la librairie : ‘Table d’hôte’, une table de livres présentés par un ami, un habitué, un lecteur  (ce pourrait être vous ! ) qui propose sa sélection, qu’elle soit thématique ou simplement subjective. C’est Marc Rijmenant qui inaugure avec un ensemble de titres de littérature amérindienne. Des découvertes à faire, assurément !
Les livres sont présents en librairie jusqu’à fin décembre.