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Archives pour 08/2011

Après le film, le livre…

31/08/2011

Vous chérissez ces ambiances de milieu de nuit, avec zinc, cendriers pleins, tessons, parler fort, bravades, bourrades, rigolades, et avec l’odeur : cigarette, bière, sueur, urine. Vous concevez qu’une très vieille femme débarrasse de ses vêtements son fils de 50 ans, ronflant sur le canapé du rez-de-chaussée, sans doute jusqu’au milieu de l’après-midi? Vous trouvez ça chouette d’avoir parmi vos voisins des réfugiés iraniens qui vous accueillent pour un soir alors que l’huissier est venu vous prendre la télé familiale? Vous trouvez aussi que Roy Orbison (« Only the lonely », etc.) est une divinité incarnée ? Vous êtes preneur de paris fous pour figurer au Guinness des records ? Vous trouvez que le mauvais goût des nouveaux riches, c’est du toc, et leur regard sur les vôtres vous donne envie de frapper? Confondre la nouvelle petite amie de votre père et l’assistante sociale qui vient vous chercher pour vous placer en home, cela aurait pu vous arriver? Vous aimez tout ça parce que mieux vaut en rire, vu qu’on en a parfois pleuré? La merditude des choses est vraiment un livre écrit pour vous, un livre qui gratte là où ça fait mal et où ça chatouille, comme le film éponyme qui en a été tiré il y a 2 ans. Son parler cru et chaleureux, ses accélérations, ses moments de mélancolie, son mélange de tendresse et d’ironie, tout ça, vous auriez même peut-être voulu l’avoir écrit vous-même…

Proposé par Thomas Lemaigre

La Merditude des choses
Dimitri Verhulst
Denoël
traduit du néerlandais par Danielle Losman

La femme qui ne tremble plus

23/08/2011

Siri Hustvedt, auteure du remarquable “Tout ce que j’aimais”, nous a offert un roman un peu plus léger pour l’été, tout en conservant son écriture stylée et érudite.

La narratrice, quinquagénaire en retraite estivale tentant de se remettre d’une grave dépression, découvre les amies de la seniorie de sa mère, donne un cour de poésie à un groupe d’adolescentes et se lie d’amitié avec une jeune mère et son enfant. Au fil du récit, elle dresse un portrait fin et touchant de chaque tranche d’âge. On y reconnaît nos mères, nos filles, nos soeurs, nos amies et, bien sûr, un peu de nous-même.

“Un été sans les hommes” est écrit par une femme, parle uniquement de femmes et plaira aux femmes, mais peut-être aussi à certains hommes.

Proposé par Catherine Closson

Un été sans les hommes
Siri Hustvedt
Actes Sud
traduit de l’anglais (États-Unis) par Christine Le Boeuf

Du même auteur (entre autres) :

La Femme qui tremble
Tout ce que j’aimais
Élégie pour un Américain
L’Envoûtement de Lily Dahl

“Toute une histoire” appartient à la catégorie des romans qui marquent.

23/08/2011

Kamleh, femme libanaise née dans les années 20 y raconte son histoire (vraie), son combat contre son destin de jeune fille mariée à treize ans. On découvre la rigidité et la violence des familles pauvres réfugiées dans la religion. Et pourtant, on s’amuse et on rit, parce que le ton est léger et imagé, mais surtout parce que Kamleh est intrépide et délicieusement truculente, jamais elle ne se résigne.

Mais au-delà de cet intéressant coin de voile levé sur la culture chiite et l’histoire du Liban, “Tout une histoire” parle avant tout d’amour, amour entre amants, entre mère et filles, entre soeurs, entre amies. Rien n’y est complètement triste, rien n’y est simple, tout est en nuance, la vie bien réelle.

Proposé par Catherine Closson

Toute une histoire
Hanan el-Cheikh
Actes Sud, Babel
traduit de l’arabe (Liban) par Maha Billacois et Brigitte Tahhan

Du même auteur (tous parus en Babel) :

Femmes de sable et de myrrhe
Londres mon amour
Histoire de Zahra
Poste restante, Beyrouth
Le Cimetière des rêves

Franzen en marche vers la consécration

23/08/2011

Le voici, le livre mammouth de la rentrée. Son intrigue est simple mais sa construction se déploie toute en finesse. Son style très accessible n’empêche pas une approche approfondie et au scalpel des individus, des relations, des générations et de l’ambiance US post 11 septembre. Les protagonistes, peu nombreux, sont volontairement difficiles à aimer mais si proches de « gens qu’on connaît » – et donc de soi-même ?

Si vous avez aimé Les Corrections, vous aimerez Freedom. Si vous avez trouvé que le premier était un bon livre, vous trouverez à coup sûr que celui-ci en est un grand !

Proposé par Thomas W. Lemaigre

Freedom
Jonathan Franzen
Editions de l’Olivier
traduit de l’anglais (États-Unis) par Anne Wicke

Du même auteur (entre autres) :

Les Corrections
La vingt-septième ville
Le Cerveau de mon père